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une présentation plus personnelle ...

Le troupeau de Bêle Colline est né d’un rêve : remettre des chèvres dans les collines Hyéroises et dans la vie des gens.

Quand j’ai parlé de ce rêve autour de moi, on m’a dit que c’était une idée. J’ai creusé l’idée et c’est devenu un projet. Tout s’est emboîté, une pièce après l’autre, pour que naisse ce troupeau.

Pourquoi de l'éco-pâturage plutôt que de la production fromagère ?

Garder un troupeau pour qu’il se nourrisse dehors demande du temps, 7h par jour minimum. Pour avoir du temps pour faire le fromage, la commercialisation et la paperasse, la plupart des chevriers nourrissent leur troupeau au foin, au moins partiellement, ce qui est fort dommage pour les collines qui ont besoin d’être nettoyées, pour limiter les risques d’incendie et favoriser la bio-diversité.
Et puis pour être rentable il faut produire beaucoup, ce qui pousse l’éleveur à faire des choix qui ne correspondent pas forcément à ses convictions.
Dans tout élevage il y a des contraintes, le paysagisme pastoral offre des conditions de vie plutôt tranquille aux animaux, et donc aux humains…

L'éco-pâturage ?

L’éco-pâturage est un terme neuf que nous nous approprions car il parle au plus grand nombre, mais il est plus juste de parler de paysagisme pastoral. Le terme éco-pâturage a été inventé par un architecte et désigne le fait de parquer quelques moutons dans un espace plus ou moins grand. Ce n’est pas du pastoralisme, c’est aussi près de la réalité de la vie du troupeau que l’était Marie-Antoinette à son époque.

À Bêle Colline, la bergère/paysagiste accompagne le troupeau, observe son comportement, sa santé, son impact, complète le travail des chèvres avec son sécateur, range la forêt en faisant tomber le bois mort, en utilisant les « déchets verts » pour en faire des habitats d’insectes et consolider le sol, protéger les jeunes arbres à préserver…

Ce sont des gestes ancestraux qui ne paient pas de mine, mais qui garantissent la santé de l’écosystème, une diminution du risque d’incendies, une gestion plus facile du feu (dans le Var, on ne se demande pas où ça a brûlé, mais quand… le risque zéro n’existe pas, et le réchauffement climatique…). Dans un espace boisé pâturé, il y a moins de masse végétale, il est plus facile de s’y déplacer, le feu monte moins en température et brûle moins profondément le sol qui aura une meilleure résilience.

On commence à se rendre compte que chaque coin de nature est précieux, il serait … stupide ? Criminel ? Dommage … de ne pas utiliser les outils qu’on a pour en prendre soin.
Chaque carré de végétation est une bénédiction en été, où chaque degré en moins est précieux …

Un système associatif

J’ai choisi le système associatif pour inclure celles et ceux qui le souhaitent dans la vie du troupeau. J’ai appris l’élevage dans un collectif auto-géré, et il me semble évident que notre société a besoin d’apprendre à « faire ensemble ». Il faut plusieurs personnes pour conduire un troupeau, même sans production. Pour les soins, les déplacements, il faut des bras et des jambes.

Et puis si je suis qualifiée pour m’occuper du troupeau et agir sur le terrain, je le suis beaucoup moins pour les démarches commerciales et administratives. À l’heure où j’écris ces mots, il y a une 50aine de personnes qui ont participé ou participent ponctuellement ou régulièrement. Je suis encore seule à porter ce projet mais je commence, avec l’aide de l’éco-lieu de Plan du Pont, à organiser un peu mieux la participation des bénévoles.

Cet éco-lieu ont mis en place un jardin partagé et s’oriente vers l’agro-foresterie. Il est né au même moment et dans le même quartier que le troupeau, et dans un même état d’esprit de reconnexion à la Nature, au vivant. Nos chemins se rejoignent naturellement.

L'évolution de Bêle Colline

Pendant 2 ans et demi le troupeau a été accueilli par des particuliers qui souhaitaient soutenir le projet. Des divergences de point de vue avec les chasseurs qui occupent le même massif a mis fin à ce partenariat.

Cette période a permis au troupeau de grandir sereinement. Nous avons appris à nous connaître, à nous faire confiance. En mai 2022, nous quittons le nid et commence la vie de troupeau itinérant. L’éco-lieu du Plan du Pont nous assure 3 mois en bergerie au moment des mises-bas, le reste de l’année nous allons de pâture en pâture en développant notre activité.

Si vous souhaitez suivre l’aventure vous pouvez adhérer à l’association Bêle Colline via HelloAsso pour recevoir la newsletter, vous pouvez également rejoindre l’organisation…

Dans ce blog, je publierai des articles au gré du chemin et de mon humeur. Vous y trouverez de la philosophie, de la poésie, de la politique (puisque tout est politique), de l’absurde et du profond …

Bêlement vôtre,

Ninon

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