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une approche naturelle et responsable

Dans notre troupeau il n’y a que des jeunes en bonne santé, et nous ne tirons pas sur leurs réserves pour le lait. Ça restera un troupeau de petite taille ayant l’attention de beaucoup de gens. Il y a donc peu de risque de mort avant quelques années. C’est une idée rassurante mais contre nature.
Dans un groupe naturel il y a les différences d’âge, de constitution, de résistance aux maladies. Et ces différences font la richesse du troupeau, sa résilience générale et son équilibre. Et sa joie, car le fait qu’il y aie des morts permet les naissances en gardant un rapport équilibré avec l’éco-système et ses ressources.
Un troupeau n’est pas un groupe naturel. Nous contrôlons les naissances et les molécules qu’on fait avaler à nos bêtes.

Afin d’augmenter la taille du troupeau, nous avons un bouc reproducteur, mais il y a trop de naissances par saison pour tous les garder. Certaines iront rejoindre d’autres troupeaux. Pour les autres, il faut savoir que la nature du ruminant est d’être en troupeau et changer souvent de pâturage, donc les 4 chèvres dans un enclos sont pour ainsi dire vouées au malheur (vous vous souvenez de la chèvre de Mr Seguin?). Je préfère donc assumer de leur ôter la vie que de leur imposer une vie misérable. (ok y a quelques chèvres heureuses en enclos, mais c’est l’exception).

Pour ce qui est des molécules, on ne peut pas s’empêcher de soigner un être vivant (du moins sur mon chemin!). Mais dans le monde dans lequel on vit, où la technique et la science permettent des trucs de plus en plus fascinants et contre-nature, il me semble que c’est un devoir de se poser des limites.
On arrive face à un mur qui risque de changer radicalement à peu près tout. La politique générale de Bêle Colline est de faire ce qu’on peut avec ce qu’on a sous la main. Il y a des antibiotiques naturels, moins virulents, certes …

C’est une illusion de croire que mettre des antibiotiques dans la nature ou d’autres substances chimiques dans la nature puisse être sans conséquences. C’est notre responsabilité de prendre soin du troupeau, mais aussi de son écosystème, l’un ne va pas sans l’autre. On a trop l’habitude de donner des antibiotiques « au cas où », on garde en tête la pseudo efficacité de ce produit sans prendre en compte toutes les fois où il ne sert à rien, mais impacte autant nos rivières.

Dans la pratique chaque situation est particulière. Faire ce qu’on peut avec ce qu’on a, c’est aussi faire avec ses émotions. Et nos émotions ne nous permettent pas de laisser partir facilement ceux qu’on aime. Alors j’utiliserai encore des antibiotiques et des produits chimiques, mais toujours avec mesure et en conscience.
Donner des antibiotiques à une bête, c’est un peu comme donner une baffe à un enfant : ça peut être efficace sur le moment (pas très souvent) mais ça affaibli l’organisme et c’est toujours le constat d’un échec, de ne pas avoir fait ce qu’il fallait en amont pour ne pas en arriver là. De temps en temps ce n’est pas très grave, mais ça ne peut pas être un système …

La santé de la chèvre (comme la notre) dépend essentiellement de ce qu’elle mange et du stress qu’elle subit. De bonnes rations alimentaires, suffisamment d’espace de chôme et de quoi se dégourdir les pattes, une rotation régulière des pâturages… c’est la base de la santé du ruminant. L’argile, le chlorure de magnésium et quelques huiles essentielles suffisent généralement à soigner les bobos du troupeau.

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