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Poésies pastorales

Poésie gastrique

On dit que ruminer c’est mal
Qu’en savent-il ces monogastriques ?
Leur caca sent la merde
Celui des ruminants ?
C’est de l’engrais

Extase

C’est presque indécent ce bonheur
Ce plaisir
Ces mille joies infimes
Vautrée dans le luxe émotionnel
La douceur de l’air forestier
Confiance et sérénité
Par les arbres dispensées
Le rire des criquets
Le crincrin rythmé
La danse du silence
Le silence
Le vent les oiseaux les cigales
Les cabres qui croquent les fibres
Leurs pas dans l’humus
Le flanc dans les herbes folles
Bercent mes songes et les odeurs
De toutes les herbes de la Provence
Symphonie croquée par les cabres
Et la satisfaction profonde
D’arranger un peu le monde
Et comble de luxure
J’ouvre un livre
Et savoure le plaisir
Charnel tant il est vivant
Des mots jolis, de la littérature
Des concepts savants
Je jouis de la poésie
De mes auteurs chéris
Baignée dans le poème
De ces collines bénies
Extase infinie.

Haiku

Une île dans les blés
Un dos de sanglier
Et la lune pleine.

Fourmis

Industrieuse fourmis
Reflet d’un monde d’industrie
Partout présente
Industrieuse et résiliente
A l’industrie asphyxiante
De la stupide humanité
Les sols des forêts
Vaille que vaille nettoyés
Recyclés vivifiés
Par ce soldat multiple
Multitude mono-systémique
Où que je pose mes fesses
Surgissent les fourmis
Vaillantes agaçantes
Qui me chassent de la souche
Du talus, de l’humus même
Partout tu t’étends
Dans l’absence des autres
Les coléoptères les coprophages
Je serai ravie fourmis
Quand le bourdon des volants
Chantera la danse des rampants
Dans l’humus riche de vie
Quand ta place de soldat
Fourmis industrieuse
Sera harmonisée
Avec la multiple multitude
Des artisans de vie
Je poserais mes fesses
Sur la souche douce
Au milieu des criquets
Des chrysomèles
Et des fourmis aussi.

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